Sécurité incendie
4. Méthodes de détermination
4.1. Bilan
Après que les exigences pour la construction aient été fixées, c’est la résistance au feu de la construction qui doit être déterminée. Selon les normes de base, la résistance au feu doit être démontrée d’une des manières suivantes :
- par le marquage CE;
- par un rapport de classification pour l’application en question établi par un labo ou un organisme de certification qui répond à des conditions bien définies ; Ce rapport est basé sur
- soit un ou plusieurs essais selon la norme européenne pertinente;
- soit un ou plusieurs essais selon la NBN 713.020;
- soit un ou plusieurs essais selon une norme étrangère qui garantit un degré de protection équivalent;
- soit une analyse des résultats d’essai. - par l’information accompagnant une approbation BENOR et/ou ATG, ou par un jugement équivalent dans un autre état membre de l’Union Européenne ou dans un autre pays qui fait partie de l’Espace économique européen.
- par une note de calcul élaborée selon une méthode approuvée par les Ministre des Affaires Intérieures, selon la procédure et les conditions qu’il définit;
4.2. Essais au feu
Un essai au feu consiste à placer un échantillon de grandeur réelle dans un four dans un laboratoire. En Belgique, deux laboratoires reconnus sont disponibles, à l’université de Gand et à l’université de Liège. Le labo de Gand a récemment été rendu indépendant et fait désormais partie du centre de recherche sur le feu WarringtonFireGent. Dans un essai au feu, l’incendie auquel s’attendre dans un bâtiment est schématisé par un ‘feu normalisé’.
Il va de soi qu’il est impossible d’effectuer un essai pour chaque structure. D’une part ce serait beaucoup trop coûteux, et d’autre part ce serait techniquement irréalisable car les fours dans lesquels la résistance au feu est définie ont tout simplement des dimensions restreintes. Des parois d’une hauteur de plus de 3 mètres et d’une largeur de plus de 3-4 mètres ne peuvent pas être testées. Des planchers avec des travées de plus de 4 à 6 m ne peuvent pas non plus être testés et pour les colonnes d’une longueur de plus de 4,5 mètres, il n’y a pas non plus de résultats d’essais disponibles. Ceci signifie que dans la pratique, chaque bâtiment contient plusieurs structures dont la résistance au feu est démontrée sur base de calculs.
4.3. Calculs
4.3.1. Aperçu
L’existence d’une méthode de calcul adéquate pour la résistance au feu ne coule pas toujours de source. Cela dépend du critère considéré, à savoir la stabilité, l’isolation thermique ou l’étanchéité aux flammes et le type de construction.
Le critère d’isolation thermique est, dans l’ensemble, facile à calculer, à condition que la construction ne puisse pas se désintégrer de façon imprévue. Pour les planchers mixte acier-béton, les raiders de béton ordinaires et les parois il est facilement possible de calculer l’isolation thermique. L’isolation thermique de panneaux sandwich avec des plaques en plâtre résistantes au feu ou des plaques de silicate de calcium peut aussi être calculée simplement.
Le critère de l’étanchéité aux flammes est quant à lui moins prévisible. Pour certaines structures, des calculs sont faits pour extrapoler des résultats d’essai. On peut penser par exemple aux panneaux sandwich. La mesure dans laquelle l’extrapolation est possible est définie dans les normes européennes par type d’élément de construction. L’extrapolation exige souvent des mesures complémentaires dans l’essai de déformations. Heureusement, pour les planchers collaborants, l’étanchéité aux flammes est garantie grâce à la tôle en acier.
Les possibilités de réaliser un calcul pour le critère stabilité dépendent fort de la manière dont la construction s’effondre. Ainsi, les matériaux avec une faible capacité de déformation et des modes de ruine fragiles sont très difficiles à prévoir car les variations de la dilatation thermique et les conditions d’appui de l’élément ne sont généralement pas connues de manière précise, mais peuvent par contre jouer un très grand rôle dans le comportement de rupture.
Pour les structures en acier, il est par contre tout à fait possible de calculer la stabilité car l’acier est un matériau très ductile et prévisible et que les caractéristiques du matériau et les modes de ruine sont bien connus. Les structures en acier peuvent subir d’importantes déformations thermiques sans rompre grâce à la possibilité de grandes déformations plastiques. Parce que dans le passé les constructions en acier avaient mauvaise réputation par rapport à la résistance au feu, des recherches ont été menées durant des décennies sur le comportement au feu des structures en acier. Ceci a mené à une série complète de méthodes fiables et précises pour calculer la stabilité des constructions en acier. Ces méthodes de calcules sont insérées aux normes de calcul européennes, qu’on appelle les Eurocodes. Il n’y a presque plus d’essais, sauf dans le cadre d’une étude scientifique pour élaborer des méthodes de calcul pour de nouveaux types de constructions.
4.3.2. Eurocodes
Avec l’achèvement des Eurocodes, un grand nombre de normes européennes standardisées est a été rendu disponible avec des méthodes de calcul par type de matériel de construction. Un calcul de la résistance au feu se compose de trois étapes :
- Modélisation du feu
- Modélisation de la réaction thermique
- Modélisation de la réaction mécanique
Les Eurocodes offrent différentes possibilités de modélisation d’un incendie, chacune ayant son propre domaine d’application. Un aperçu des modèles d’incendie dans l’Eurocode 1 (EN 1991-1-2: 2002, Eurocode 1: Actions on structures – Part 1-2: General Actions – Actions on structures exposed to fire, CEN, Brussel) est donné dans le tableau ci-dessous.
Aperçu des modèles d’incendie dans l’Eurocode 1 et leurs caractéristiques.
Pour les modèles de zone, l’Université de Liège a développé le logiciel OZone facile à utiliser, qui permet de calculer un incendie naturel sur la base de lois physiques fondamentales.
L’incendie normalisé est la courbe incendie conventionnelle la plus connue pour déterminer la résistance au feu. Cette courbe nominale ne dépend pas de paramètres qui influencent le feu réel dans le compartiment d’incendie comme la charge au feu, les conditions de ventilation et les mesures de prévention d’incendie actives comme les installations de sprinkler. La courbe d’incendie normalisé se trouve avec d’autres courbes incendie nominales dans la figure ci-dessous. A titre comparatif, un exemple arbitraire d’une courbe incendie naturelle est donné. Une courbe incendie naturelle est une courbe qui est calculée sur base des paramètres les plus importants qui définissent la progression du feu dans le compartiment. Une courbe incendie naturelle est caractérisée par la phase de croissance, la phase d’incendie et la phase d’extinction. Dans la phase de croissance le feu est encore local. Il existe alors de grandes différences de température dans le compartiment. Lors du passage de la phase de croissance à la phase d’incendie, le feu se propage rapidement vers l’entièreté du compartiment. Ceci est appelé flash-over ou embrasement généralisé. Durant la phase d’incendie, il peut être supposé que la température est répartie de manière uniforme dans le compartiment. Lorsque la charge au feu est brûlée en grande partie, le feu s’éteint. Un calcul au feu naturel exige beaucoup plus de travail qu’un feu normalisé.

lution de la température à travers le temps selon la courbe de feu normalisé, la courbe de feu externe, le courbe de feu hydrocarbures et évolution typique d’une courbe de feu naturel.
