#83 info steel Bureau de dépôt Bruxelles X - P910504 - Trimestriel - numéro 83 - 10-11-12 / 2025
Disponible dès maintenant pour vos projets L’initiative XCarb® rassemble les différentes activités de décarbonation d’ArcelorMittal vers un acier net zéro d’ici 2050. La production d’acier XCarb® de sources recyclées et renouvelables se fait en utilisant jusqu’à 100% de ferraille dans un four à arc électrique alimenté par de l’électricité 100% renouvelable, solaire et éolienne. Par conséquent, nos produits longs ont une empreinte carbone inférieure à 400kg de CO2-eq par tonne. La faible empreinte carbone de nos profilés et de nos barres d’acier se reflète dans notre déclaration environnementale de produit (EPD), gage de la transparence et de la durabilité de nos processus. 100% électricité renouvelable Jusqu’à 100% ferraille recyclée 100% groene stroom Tot 100% gerecycleerd schroot Nu beschikbaar voor uw projecten XCarb® is de verzamelnaam voor de verschillende decarbonisatie activiteiten van ArcelorMittal richting netto-nul staal tegen 2050. De productie van XCarb® gerecycleerd en hernieuwbaar geproduceerd staal gebeurt in een vlamboogoven die gevoed wordt met 100% groene, door zon en wind opgewekte, stroom en tot 100% schroot. Hierdoor hebben onze lange producten een CO2-voetafdruk van minder dan 400 kg CO2 Eq per ton. De lage CO2-voetafdruk van onze profielen en stafstaal wordt weergegeven in onze milieuproductverklaring (EPD), een garantie voor de transparantie en duurzaamheid van onze processen. Scan for more information
1 InfoSteel #83 — 2025/10-11-12 Revue trimestrielle d’architecture et de génie civil publiée par Infosteel (centre d’information d’acier pour la Belgique et le G.-D. de Luxembourg). Editeur Responsable : Koen Michielsen, General Manager Infosteel asbl Z.1 Researchpark 110, BE-1731 Zellik t: +32-2-509 15 01 info@infosteel.be - www.infosteel.be BTW-TVA: BE 0406 763 362 Comité de rédaction : magazine@infosteel.be Geert Bettens, Daphne Deckers, Bruno Dursin, Robrecht Keersmaekers, Hugo Koch, Jo Van den Borre en Jan van Hapert Traduction & correction : Infosteel & Rudi Vanmechelen Publicité : info@infosteel.be - t: +32-2-509 15 05 Diffusion: Gratuit pour les membres d’Infosteel asbl Tirage : 2.400 exemplaires Vente au numéro : € 15 / numéro (TVAc) Affiliation : info@infosteel.be Les articles publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Les documents reçus impliquent l’accord de l’auteur pour libre publication. Tous droits de reproduction, traduction et adaptation réservés. ISSN 2032-281X Copyright 2025 by Infosteel numéro 83 – 10-11-12/2025 revue d’architecture, de technique et d’innovation dans la construction métallique editorial Image de couverture La couverture du terrain de rugby du Sart Tilman Dessins : bureau greisch Article en page 20 Vos réactions à magazine@infosteel.be PODCAST www.infosteel.be/podcast Edition en français www.infosteel.be/fr/ publications/notre-magazine Editie in het Nederlands www.infosteel.be/publicaties/ ons-magazine Éditions distinctes en néerlandais et en français / podcast Depuis peu, nous publions des éditions distinctes en néerlandais et en français. Cela nous permet de réduire les coûts liés au papier et à l’expédition, mais nous espérons surtout que cela améliorera la lisibilité. De plus, certains articles sont également disponibles en version podcast. Afzonderlijke Nederlands- en Franstalige editie / podcast Sinds korte tijd verschijnt er een afzonderlijke Nederlands- en Franstalige editie. Dat spaart op papier- en verzendingskosten, maar we hopen vooral dat het de leesbaarheid ten goede komt. Bovendien zijn sommige artikels eveneens beschikbaar in podcast-versie. Chers lecteurs, Avec cette 83e édition du magazine InfoSteel, les activités de l’année 2025 touchent à leur fin. Ce fut une année bien remplie, marquée par une attention particulière au développement des formations et à la refonte du magazine. Parallèlement, dès l’été, nous avons également donné le coup d’envoi d’un thème important pour 2026 (et 2027) : TOTEM et la construction métallique. L’outil TOTEM (www.totem-building.be) existant, qui permet de calculer l’impact écologique des matériaux utilisés dans les constructions en Belgique, est actuellement préparé par les différentes autorités belges afin de servir comme outil de calcul officiel dans le cadre de la directive EPBD (Energy Performance of Buildings Directive) à partir de 2028. Je profite par conséquent de cette occasion pour lancer un double appel. Les donneurs d’ordre souhaitent obtenir rapidement et sans ambiguïté les informations nécessaires à leurs calculs. Ils s’adressent en premier lieu à leurs fournisseurs. Il est alors essentiel que ces derniers puissent leur fournir une réponse claire et concise. Pour ce faire, ils doivent au moins comprendre correctement la question. D’où mon premier appel : pour les organisations qui sont impliquées de près ou de loin dans la conception ou la fourniture de solutions pour les bâtiments (tant au niveau de la structure, des techniques que de l’enveloppe du bâtiment), il me semble stratégiquement judicieux qu’au moins une personne au sein de l’organisation connaisse bien l’outil TOTEM. Au cours des derniers mois, nous avons toutefois constaté (avec un petit groupe de travail) qu’il n’est pas toujours facile, voire impossible dans certains cas, d’introduire correctement une solution type dans la version actuelle de TOTEM. Nous sommes bien entendu en contact avec les responsables et les développeurs de cet outil. Cependant, plus nous serons nombreux à participer et à réfléchir au sein de ce groupe de travail, plus vite nous pourrons détecter les problèmes, réfléchir à une solution viable et formuler des propositions d’amélioration concrètes. D’où mon deuxième appel : si vous ou l’un de vos collègues testez déjà activement TOTEM, n’hésitez pas à me contacter. Après cette invitation à l’action, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une lecture passionnante de ce magazine et, bien sûr, de belles fêtes de fin d’année. Bonne lecture ! Koen Michielsen, directeur d’Infosteel info steel
contenu Éditorial 1 Passer d’une transaction contractuelle à une relation orientée vers l’avenir 3 Visite de chantier de la passerelle Campus 4 Le nouveau siège mondial d’ArcelorMittal prend forme 6 La puissance de la simplicité 8 European Steel Design Awards 2025 10 Frame, une fenêtre sur la ville 12 ‘Kunsthal’ BRUSK. 16 La couverture du terrain de rugby du Sart Tilman 20 Soudage de l’acier galvanisé à chaud 24 Fer, acier, Hennebique, bois + or 26 Trois fois ‘Boerentoren’ 30 Membres 32 P.4 P.12 P.6 P.20
3 InfoSteel #83 — 2025/10-11-12 COLONNE Daphne Deckers, CEO de Victor Buyck Steel Construction & Joost Merema, associé chez PRO6 managers recherchées de manière proactive. En même temps, cela reste un processus d’apprentissage, ce qui est logique : nous venons d’une époque où nous organisions nos projets en fonction de la transaction. Cependant, une bonne collaboration requiert davantage de la part de toutes les parties concernées : ouverture, communication et confiance que chacun donne la priorité à l’intérêt du projet. Une approche avec une équipe de construction offre un cadre solide pour mieux gérer la complexité. Mais attention : cela ne transforme jamais un projet vaste et complexe en une tâche simple et sans risque. La complexité d’une tâche ne disparaît bien sûr pas comme neige au soleil simplement parce qu’on a choisi une équipe de construction. Cette approche offre de nouvelles opportunités aux constructeurs métalliques et fournisseurs d’acier. Les experts sont invités à participer à la réflexion dès le début. Au cours de la phase de conception, des alternatives peuvent être proposées sur le plan technique, logistique et de la faisabilité. Cette approche permet d’éviter les erreurs, de limiter les frais liés aux défaillances et de réaliser des projets innovants et par conséquent de meilleure qualité. Utilisation judicieuse et économe de la capacité disponible Est-ce là la meilleure approche pour tous les projets ? À notre avis, non. Pour chaque projet, les coûts et les avantages doivent être soigneusement pesés. Il existe une différence importante entre ‘early involvement’ (implication anticipée) et ‘too early involvement’ (implication trop anticipée). Il s’agit de faire intervenir le bon partenaire au bon moment. Dans les projets complexes exigeant une coordination importante, ce moment intervient plus tôt que dans les projets simples dont les pré-requis sont déjà largement définis. Dans ces derniers cas, une méthode de contractualisation traditionnelle sera donc plus efficace. Il est en effet essentiel de tenir compte également de l’utilisation de notre plus grand capital, à savoir les ressources humaines. La responsabilité dans ce domaine incombe principalement au maître d’ouvrage, et il est crucial qu’il en comprenne l’importance. Les entreprises de construction sont là pour construire. Tous les efforts de leurs collaborateurs visent à réaliser des constructions et des ouvrages d’art. Lorsque ces efforts ne se traduisent pas en résultats, par exemple en raison de la résiliation prématurée de contrats en deux phases, les parties se retrouvent avec une sérieuse ‘gueule de bois’. Nous appelons les maîtres d’ouvrage (et en particulier les pouvoirs publics) à en discuter au préalable avec les acteurs du marché, afin d’éviter la perte de connaissances, de capacités de construction et d’énergie précieuses. Cela vaut également pour la procédure d’appel d’offres. Lorsque les maîtres d’ouvrage exigent un tel engagement de la part de quatre ou cinq parties pendant des mois de procédures, puis qu’une seule partie est sélectionnée tandis que le travail des autres finit à la poubelle, il en résulte des conséquences directes : un gaspillage de talents et de capacités qui auraient dû être investis dans d’autres projets. Collaboration : le type de contrat approprié en fonction des conditions préalables du projet Le choix n’est plus de savoir si nous voulons collaborer, mais jusqu’où nous voulons et osons aller dans cette voie, en tenant compte des ressources disponibles et du capital humain. Le défi réside dans la pratique, dans chaque projet et chez chaque participant. Nous sommes optimistes quant aux possibilités, surtout si elles sont appliquées de manière réfléchie en fonction du projet. Investir dans la collaboration n’est donc pas une tendance à la mode, mais le principal facteur de succès pour une construction métallique innovante et solide à l’avenir. Oui, il faut aussi un peu de courage pour abandonner les vieilles habitudes et partager ouvertement les bonnes et les moins bonnes expériences. En assumant ensemble nos responsabilités, nous renforçons la confiance et obtenons de meilleurs résultats. Cela nous semble être un beau défi pour toutes les parties concernées ! On ne peut plus parler d’effet de mode lorsque l’on constate que la collaboration dans l’approche des projets occupe une place toujours plus centrale. Dans le cadre d’un mouvement largement soutenu entre les acteurs de terrain et les instituts de recherche, des efforts sont déployés pour réaliser des projets durables et rentables basés sur une responsabilité commune dès le début de la première phase de conception. Les contrats de construction en équipe et en deux phases regroupent les accords et assurent une gestion commune intégrant la gestion des contrats, des processus et des projets. Le terme générique international désignant ces modèles est ‘collaborative contracting’ (contrats collaboratifs) Mais où se situent les nuances ? Faut-il impliquer toute une série de partenaires dès le premier coup de crayon ? Et comment gérer les coûts et l’affectation d’une main-d’œuvre rare ? La coopération est bien sûr tout aussi possible dans le cadre de contrats traditionnels. Ce n’est pas là que réside ‘la’ différence. Il est vrai toutefois que la conception, l’exécution et les responsabilités sont définies de manière plus stricte dans les contrats traditionnels. Quelle est donc la différence ? La conception, les risques et le prix font l’objet de discussions plus approfondies et collectives. Ce n’est qu’après une décision commune sur les cadres techniques et financiers que la mise en œuvre commence. Et donc pas avant. Cette approche privilégie la solution commune et précoce des problèmes, à un moment où leur impact est encore limité : le plus tôt possible dans le processus de conception. Les contrats collaboratifs ouvrent de nouvelles perspectives La souscription collaborative gagne également rapidement du terrain à l’échelle mondiale. L’année prochaine, la FIDIC lancera un nouveau modèle en complément de ses contrats actuels. Le modèle NEC4 du Royaume-Uni a déjà été choisi comme base pour la liaison Oosterweel. Les médias professionnels et les congrès manifestent leur appréciation pour cette approche : l’innovation progresse, les risques deviennent plus transparents et les solutions sont Passer d’une transaction contractuelle à une relation orientée vers l’avenir : le client et les acteurs du marché comme alliés
ACTIVITÉ Fin août 2025, InfoSteel a organisé une visite de chantier de la nouvelle passerelle pour cyclistes et piétons au croisement de la Gouverneur Verwilghensingel et de la Elfde-Liniestraat à Hasselt. Comme à l’accoutumée, la visite a été précédée d’une présentation détaillée par les intervenants concernés du projet, dans les locaux de la haute école PXL. Après une étude approfondie, AWG (l’agence des routes et de la circulation en Flandre) a privilégié la solution d’une passerelle à celle, plus coûteuse, d’un tunnel cyclable pour sécuriser le carrefour. La conception finale est l’œuvre d’Arcadis, en collaboration avec Stendess. Le pont a été construit par TM Artes Roegiers-Aelterman. Il s’agit d’une structure ouverte, un pont tubulaire en acier, fabriqué à partir de 1500 tonnes d’acier. En comptant les rampes d’accès, il a une longueur totale de 410 m (rampe d’accès 1, pont autour de la place, rampe d’accès 2, travée principale et pont en spirale). Le pont possède un tablier orthotrope et est soutenu par des colonnes tubulaires en acier. Au-dessus du Grote Ring, la travée a une largeur de 7 m, tandis que les rampes d’accès ont une largeur de 5 m. Les piétons empruntent des escaliers. Le pont serpente entre les vieux platanes et relie les quartiers situés à l’intérieur et à l’extérieur du Grote Ring. De plus, le pont se connecte efficacement à deux futurs bâtiments. Le pont offre des espaces où l’on peut pique-niquer, se reposer ou se réunir. Le pont est un élément phare, une porte d’accès aux campus et à la ville, ainsi qu’un lieu de rencontre. Le 1er octobre 2025, il a été baptisé ‘Campusbrug’ (pont du campus). Visite de chantier de la passerelle Campus 1 2 3 Visite de chantier, août 2025 Texte & images: InfoSteel Localisation : Gouverneur Verwilghensingel x ElfdeLiniestraat, Hasselt Maître d’ouvrage : Agentschap Wegen en Verkeer Limburg Architecte/Concept: Arcadis Bureau d’études : Arcadis / Stendess Hoofdaannemer: TM Artes Roegiers-Aelterman Staalbouwer: Aelterman Partenaires de construction membre d’InfoSteel : Aelterman, Arcadis, EBS, Stendess, Vinçotte 2 3 1
T +31 (0)71-5418923 E info@dutchengineering.nl W dutchengineering.nl ComFlor® 95met/avecCrushedends Staalplaat-betonvloeren Onderdeel van uitkragingen Ontwerpprogramma Programme de conception www.dutchengineering.nl Dalles mixte acier-béton Partie des porte-à-faux 248062_ADV_DutchEngineering_CF95.indd 1 26/05/2025 11:34 shop.infosteel.eu/steel-design-books/ Steel Design Steel Design is a set of English textbooks that are based on the EN version of Eurocode with differences in nationally defined parameters included in an annex. Where a country can make a national choice – or when non-contradictory complementary information may be used – this is indicated by a symbol (black square). Separate annexes contain (for now) the national choices for Belgium, Luxembourg, The Netherlands and Switzerland. These textbooks are intended for high-school and university level students. The content is applicable to designers who are not specialised in steel and steel construction. sign-series.indd 6 06/06/2025 09:01:47
Le nouveau siège mondial d’ArcelorMittal prend forme Le bâtiment présente un aspect cristallin, s’élance en forme de spirale et s’ouvre sur la ville avec une façade végétale. Le siège social d’ArcelorMittal Kirchberg offre des espaces de travail et de vie flexibles et modulables afin de garantir un excellent environnement de travail à ses employés. Ainsi, chacun des 2600 postes de travail bénéficiera de la lumière naturelle. L’exosquelette du bâtiment est fabriqué à partir d’acier XCarb® recyclé et produit de façon durable, fabriqué pour sa plus grande partie au Luxembourg en utilisant 100 % d’acier recyclé dans un four électrique alimenté à 100 % par des énergies renouvelables. L’acier est produit principalement à Differdange et Belval, puis façonné au Centre de Fabrication Steligence®. Le bâtiment intègre des produits et des fonctionnalités de pointe, issus d’une étroite collaboration entre l’architecte et les équipes R&D d’ArcelorMittal. Les techniques de construction utilisées pour le bâtiment le rendront économe en énergie et à faible émission de carbone. Le bâtiment sera entièrement conforme Le futur siège mondial d’ArcelorMittal est actuellement en construction avenue John F. Kennedy, dans le quartier du Kirchberg à Luxembourg-ville. Ce bâtiment innovant et durable rend hommage à l’acier luxembourgeois, dont 14.000 tonnes sont produites au Luxembourg. Le projet du siège social a fait l’objet d’un concours international d’architecture en 2017, remporté par le cabinet d’architectes Wilmotte & Associés de Paris. Dans le cahier des charges, il était demandé aux architectes de « concevoir un bâtiment contemporain et durable exploitant tout le potentiel de l’acier, du sol au plafond ». ArcelorMittal a annoncé en juin 2023 que la première poutre d’acier du bâtiment de 21 étages avait été posée, ce bâtiment étant destiné à servir de vitrine pour le rôle unique que l’acier peut jouer dans la construction durable. Le bâtiment fait la part belle à Steligence®, la philosophie de conception exclusive d’ArcelorMittal, alliant durabilité, innovation et flexibilité dans la construction à grande échelle, intégrant acier, verre et espaces verts. 1 2 3 ArcelorMittal Kirchberg Headquarters Texte source : ArcelorMittal Renderings (1-3) : Wilmotte & Associés Architectes Photos (4-7) : ArcelorMittal 3 2 1
7 InfoSteel #83 — 2025/10-11-12 matériaux disponibles aujourd’hui sont ceux dont Ludwig Mies van der Rohe, maître du Bauhaus, aurait rêvé. Ils incluent notre acier à faible émissions de carbone, permettant de longues portées et des colonnes élancées, mais aussi un verre exceptionnel, qui fournit au bâtiment une lumière naturelle et une isolation remarquable. » La construction du nouveau siège social avance à grands pas, le bâtiment s’imposant désormais dans le paysage du quartier d’affaires de Kirchberg. Aujourd’hui, l’édifice dépasse onze étages, et il devrait être prêt à accueillir les employés d’ArcelorMittal en 2027. à trois labels environnementaux majeurs : ‘BREEAM Outstanding’, ‘DGNB Gold’ et ‘WELL Gold’(1) « L’histoire d’ArcelorMittal est indissociable du patrimoine sidérurgique du Luxembourg. De la création d’ARBED au Luxembourg à la naissance d’Arcelor, puis à l’évolution de l’entreprise vers ArcelorMittal, leader mondial de la sidérurgie et de l’exploitation minière, le Luxembourg est non seulement resté notre foyer, mais aussi notre symbole de résilience, de transformation et d’ambition. Dans cet esprit, nous avons imaginé un siège social qui reflète ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous aspirons à devenir demain. Nous avons choisi le Kirchberg parce qu’il représente le visage moderne du Luxembourg : un quartier d’affaires international dynamique au cœur de l’Europe. Notre nouveau siège social phare sera le symbole visible de notre vision », a déclaré Vijay Goyal, Vice-Président Exécutif d’ArcelorMittal, lors d’une visite du chantier le vendredi 26 septembre 2025. Pierre Engel, responsable du projet de construction du siège social d’ArcelorMittal, ajoute : « En ce qui concerne l’architecture en acier et en verre, les Localisation : Av. John F. Kennedy, Luxembourg-Ville Maître d’ouvrage: ArcelorMittal Architecte : Wilmotte & Associés Architectes Bureau d’études stabilité : Bollinger+Grohmann Partenaires de construction membre d’InfoSteel : ArcelorMittal, Bollinger+Grohmann 1 BREEAM : performance environnementale et efficacité dans l’utilisation des ressources. DGNB : approche holistique intégrant des critères économiques, écologiques et socioculturels. WELL : santé, confort et bien-être des occupants du bâtiment 4 Chantier : façade arrière 5 Chantier : façade arrière 6 Chantier : auditorium 7 Chantier : détail construction métallique CHANTIER 7 6 5 4
Auteur : Niels Oudenaarden Images : Liemar La puissance de la simplicité : Pourquoi une baisse de tension conduit à une augmentation du rendement dans la construction métallique « Mais le contrôle ne permet pas de maîtriser la situation, contrairement à la compréhension. Dès que les personnes comprennent pourquoi le processus est bloqué, elles peuvent eux-mêmes l’améliorer. C’est là toute la force de la simplicité : elle ramène la responsabilité à ceux à qui elle revient. » Un exemple client : la simplicité en action Il est important de ne pas considérer le travail ‘Lean’ comme un projet, mais comme une méthode de travail permanente. Outre la formulation et la mise en place claires d’une vision, cela exige avant tout de la persévérance et de la discipline. « Le Lean n’est pas un copier-coller de ce que font les autres. Vous devez déterminer ce qui fonctionne dans votre contexte, avec vos collaborateurs. Dans certains cas, il s’agit de positionner les bonnes personnes au bon endroit, dans d’autres, d’optimiser l’utilisation des machines. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. C’est une culture de répétition, encore et encore. Ce sont les petits pas, soutenus par l’équipe, qui font la plus grande différence. » Cette approche se traduit non seulement par une productivité accrue, mais aussi par un sentiment d’appartenance et de fierté accru au sein du personnel. Les employés apprennent à examiner la situation globale plutôt que de se concentrer uniquement sur leur propre tâche. Il en résulte un flux plus stable, moins de stress et plus de plaisir au travail. « C’est ce que nous observons dans de plus en plus d’entreprises », explique M. Oudenaarden. « Dès que vous simplifiez les processus et que vous expliquez aux gens pourquoi vous le faites, l’énergie change. Le travail devient davantage prévisible, la collaboration plus intense et la confiance s’accroît. » La simplicité comme levier de croissance Ceux qui se lancent dans le Lean remarquent que les véritables bénéfices ne résident pas dans les chiffres ou les tableaux de bord, mais dans le comporLes projets dans la construction métallique deviennent de plus en plus complexes. Les délais sont serrés, les professionnels expérimentés se font plus rares et les attentes augmentent. Beaucoup d’entreprises y réagissent en augmentant leur rythme de travail, en établissant des plannings plus stricts et en renforçant les procédures de contrôle. Mais cette approche donne rarement les résultats souhaités. « Le bénéfice ne réside pas dans un travail plus intense, mais dans la simplicité », explique Niels Oudenaarden, directeur commercial chez Liemar. Selon lui, la force de l’amélioration ne réside pas dans de nouvelles règles ou contrôles, mais dans la rationalisation des processus. « Dès que vous voyez vraiment où la valeur est créée et où elle ne l’est pas, alors tout change. Vous obtenez une sérénité dans votre planification, dans la gestion et sur le lieu de travail. Et cette tranquillité est précisément ce qui rend le rendement possible. » Cela paraît simple, mais ce n’est pas le cas. De nombreuses organisations sont prisonnières de leurs propres systèmes et habitudes. Elles passent leur temps à changer, à discuter et à replanifier. Non pas parce que la charge de travail est excessive, mais parce qu’elles manquent tout simplement de vue d’ensemble. « Tout le monde fait de son mieux, mais l’énergie se perd dans le brouillage entre les services », explique M. Oudenaarden. « La simplicité aide à éliminer cette turbulence. C’est alors que l’on voit ce qui apporte vraiment de la valeur ajoutée. » Du contrôle à la confiance Ceux qui apprennent à observer où se crée réellement la valeur découvrent rapidement qu’il ne s’agit pas toujours d’apporter des changements majeurs, mais plutôt de prendre des mesures modestes et cohérentes. Plutôt que d’intensifier le processus, il s’agit d’éliminer les obstacles qui le ralentissent. « Dans de nombreuses entreprises, on constate que la priorité est donnée au contrôle », explique M. Oudenaarden. 1 En rendant le flux de produits physiquement visible, il est devenu évident en un coup d’œil où les actions se croisaient et où du temps était perdu. (Session de connaissance le 11 septembre 2025) 1
9 InfoSteel #83 — 2025/10-11-12 PARTAGE DE CONNAISSANCE tement. Les entreprises qui apprennent à considérer les choses en termes de valeur construisent progressivement leur stabilité. Les délais sont raccourcis, les coûts liés aux défaillances diminuent. Et ce n’est pas un hasard. A partir du moment où les processus sont clairs, les décisions sont plus épurées et les améliorations plus durables. « Le plus beau moment » dit Oudenaarden « c’est quand une équipe constate par ellemême qu’elle travaille mieux. Les résultats parlent alors d’eux-mêmes et vous n’avez plus besoin de contrôles, car le système est devenu auto-apprenant. » Le partage des connaissances comme accélérateur Comme il s’agit vraiment d’évoluer dans la méthode de réflexion et de travail, Liemar permet régulièrement à ses clients et relations de se familiariser avec cette approche. Non pas pour promouvoir une méthode, mais pour partager des connaissances. Lors d’ateliers et de rencontres, des situations reconnaissables sont discutées, parfois même littéralement rejouées. « C’est à ce moment-là que le déclic se produit », explique M. Oudenaarden. « Les gens découvrent par eux-mêmes ce qui se passe lorsque l’on élimine le brouillage. Ils se rendent compte que le calme n’est pas un ralentissement, mais au contraire une condition nécessaire à l’accélération. » L’objectif n’est pas d’imposer une seule méthode de travail, mais de sensibiliser les gens. Dès que quelqu’un comprend comment fonctionne la simplicité, sa façon de penser change spontanément. « Le passage à une meilleure gestion d’entreprise commence par la compréhension », explique M. Oudenaarden. « Sans compréhension, pas de maîtrise, et sans maîtrise, pas de rendement. » L’essence de la simplicité Le ‘Lean’ n’est pas une fin en soi, mais une façon de regarder les choses. Moins de règles, plus de compréhension. Moins de contrôle, plus de confiance. Moins de pression, plus de sérénité. Les entreprises qui osent franchir le pas découvrent que la croissance ne résulte pas d’un travail plus intense, mais d’une meilleure compréhension. « Organiser la tranquillité, c’est gagner en rendement », résume M. Oudenaarden. « Non pas parce que le travail diminue, mais parce que la vue d’ensemble revient. La simplicité n’est pas une contrainte. C’est le levier de la croissance. » Le partage des connaissances comme fondement du progrès En collaboration avec Infosteel, Liemar organise régulièrement des ateliers pratiques et des sessions d’information pour la construction métallique. Ils se concentrent sur des thèmes organisationnels et commerciaux, tels que le Lean, les travaux en cours (WiP – Work in Progress) et l’atelier numérique, mais aussi sur des questions opérationnelles telles que la mise en œuvre de Peppol. Ces sujets seront à nouveau à l’ordre du jour l’année prochaine. L’approche est toujours pratique : les participants travaillent eux-mêmes sur des situations familières issues de leur propre organisation. Cela permet de passer de la théorie à la pratique quotidienne, de la compréhension à l’application. Le partage des connaissances et l’apprentissage en commun permettent d’apporter des améliorations concrètes en termes d’efficacité, de collaboration et de rendement. Ainsi, le secteur se développe non seulement sur le plan technologique, mais aussi en termes de savoir-faire et de la perception. Pour connaître les dates et les thèmes abordés, consultez les pages d’activités et les newsletters de Liemar et Infosteel. 2 3 Exercice Lego dans lequel les participants construisent ensemble une chaîne de production fictive. 4 Discussion des résultats. 2 3 4
Les lauréats ont été annoncés European Steel Design Awards 2025 Situé entre les quartiers historiques de Knightsbridge et Belgravia, le Berkeley est l’un des principaux hôtels de Londres, offrant une vue idyllique sur Hyde Park. Le bâtiment principal a été achevé en 1972, puis agrandi en 2006 pour augmenter la capacité de l’établissement. Le maître d’ouvrage, Maybourne Hotel Group, a acquis deux sites adjacents, situés. A l’origine, l’intention était d’agrandir le Berkeley, mais Maybourne a finalement décidé de construire un hôtel de luxe séparé, The Emory, qui partage uniquement les services et les installations avec le Berkeley. L’hôtel Emory, dont la conception a été pilotée par RSHP (Rogers Stirk Harbour + Partners) et WSP, se compose d’un bâtiment de 10 étages d’environ 7000 m2 comprenant 96 chambres d’hôtel. La superstructure est desservie par deux ascenseurs centraux et un escalier de secours situé du côté sud. Afin de créer des espaces ouverts, les étages supérieurs sont suspendus à la structure du toit. Un petit pont relie le nouveau bloc à l’aile nord existante à chaque niveau. L’un des objectifs de conception de la structure était d’obtenir une hauteur de plancher similaire à celle du bâtiment existant de l’aile nord. Cela permet d’obtenir des hauteurs d’étage identiques et donc une circulation au même niveau entre les deux bâtiments. Le grand gagnant du prix ESDA 2025 et les prix spéciaux ont été annoncés et honorés dans le cadre de la Conférence Internationale et de l’Atelier sur la Conception Sismique des structures en acier et la rénovation le 16 octobre 2025, à Istanbul. Les ‘European Steel Design Awards’ sont décernés tous les deux ans par la Convention Européenne de la Construction Métallique (ECCS) afin d’encourager l’utilisation créative et exemplaire de l’acier dans l’architecture. Ces prix sont destinés aux maîtres d’ouvrage, aux architectes, aux ingénieurs, aux entrepreneurs généraux et aux entrepreneurs en construction métallique. L’acier est réputé pour son fort potentiel en matière de résistance, de durabilité, de flexibilité de conception, d’adaptabilité, de recyclabilité et de réutilisabilité. Les structures en acier contemporaines permettent une adaptation optimale à la vie moderne et à la rénovation des éléments historiques de notre patrimoine bâti, que ce soit en ville ou à la campagne. L’acier est également le matériau idéal pour parvenir à une économie circulaire tout en laissant la place nécessaire à la créativité dans la conception. LAURÉAT L’hôtel Emory, Londres (UK) Texte source & images : ECCS 1 2
11 InfoSteel #83 — 2025/10-11-12 ACTUALITÉ PRIX SPÉCIAL Art structurel - Dalkebrü cke Gü tersloh (DE) Le pont Dalke à Gü tersloh remplace un pont piétonnier délabré et relie la ville et la campagne de manière accessible. Sa structure métallique innovante intègre tous les éléments de manière fonctionnelle et esthétique. Avec son design minimaliste, son utilisation efficace des matériaux et son acier résistant aux intempéries, il impressionne tant sur le plan technique qu’architectural, créant une structure durable et élégante avec une grande valeur de reconnaissance. PRIX SPÉCIAL - Durabilité Lab42, Amsterdam (NL) LAB42 est un bâtiment polyvalent destiné à la Faculté des sciences, des mathématiques et de l’informatique (FNWI) de l’Université d’Amsterdam (UvA), qui est en pleine expansion. D’une superficie d’environ 14.000 m2, il abrite l’Institut d’informatique, l’Institut de logique, de langage et de calcul, ainsi que le Centre d’innovation pour l’intelligence artificielle. Le bâtiment apparaît transparent et accessible grâce à sa structure modulaire en grille, qui est remplie de manière très diversifiée de bois, de verre, d’acier et de structures imprimées en 3D. Dans le socle transparent, les laboratoires de visualisation, de robotique et de jeux seront bientôt visibles par tous. À l’intérieur, un atrium haut et lumineux traverse tout le bâtiment en diagonale, tandis que des espaces ludiques, des passerelles communicantes et des environnements de travail variés offrent une structure claire et bien organisée, mais aussi dynamique et inspirante. La charpente principale en acier du bâtiment est constituée d’une structure 100 % réutilisable qui fonctionne comme une sorte d’étagère qui peut être démontée et réagencée dans les moindres détails. Cette construction démontable rend le bâtiment flexible dans son utilisation quotidienne, mais aussi évolutif et facile à adapter aux nouveaux développements et collaborations. ESDA25 SPECIAL BRIDGE AWARD Sentiers panoramiques Hardangervidda, Vøringsfossen (NO) Vøringsfossen est une destination privilégiée des amateurs de nature, des artistes et des touristes depuis la fin du XIXe siècle. C’est l’une des attractions touristiques les plus visitées de Norvège. Pendant de nombreuses années, la région a souffert de l’érosion du terrain, d’un accès difficile, de la pollution et d’une sécurité insuffisante, ce qui a conduit à plusieurs accidents mortels. Le projet consiste en une promenade continue autour de la cascade, comportant des points de vue, des aires de repos, des toilettes et un parking, avec comme point central la cascade de 182 m de haut. Outre le paysage protégé, plusieurs sites patrimoniaux sont également inclus, comme le vieux pont en pierre classé, Vøringfoss bru. Les nouvelles mesures varient en taille et en complexité, allant de petits escaliers et chemins étroits à des constructions avancées de ponts et de plates-formes. 1 L’hôtel Emory, Londres photo ©bysteel 2 Dalkebrü cke Gü tersloh photo ©Benno Schulz Fotografie 3 Lab42, Amsterdam photo ©Lab42 Benthem Crouwel Architects 4 Vøringsfossen, routes panoramiques norvégiennes Hardangervidda - photo ©Hølmebakk Øymo 3 4 www.steelconstruct.com/ awards/esda2025/
Complexe, innovant, flexible : Frame, une fenêtre sur la ville Des choix de conception réfléchis Le bâtiment peut être qualifié d’innovant à plusieurs égards. « Le résultat d’un ensemble de choix architecturaux particuliers, mais mûrement réfléchis », selon l’architecte Guillaume Bostoen du bureau bruxellois Baukunst, qui a collaboré avec le cabinet d’architectes français Bruther pour ce projet. « Le concept a été conçu comme une superposition de plateformes modulables sans obstacles structurels. Comme la largeur totale de la partie centrale repose sur des poutrelles cellulaires à ouvertures circulaires d’une portée de 15 m, toutes les surfaces restent ouverts et libres, ce qui garantit une flexibilité maximale. La circulation verticale – escaliers, ascenseurs, locaux de service – a été intégrée dans deux noyaux en béton à l’extérieur de la partie centrale, à l’arrière et sur les côtés (côtés nord et est), et contribue à la rigidité du bâtiment. » Exosquelette Les dalles des plateformes étaient conçues pour être aussi légères que possible et se composent de dalles mixtes acier-béton avec une tôle profilée A proximité de la tour VRT/RTBF, avenue Reyers à Schaerbeek, la Société d’Aménagement Urbain de la Région de Bruxelles-Capitale(SAU)a fait construire, avec le support du Fonds européen pour le développement régional, un bâtiment remarquable, baptisé ‘Frame’. Frame sera la carte de visite du nouveau Mediapark, un espace de 9,5 hectares Son nom fait référence à la fois au cadre que le bâtiment offrira pour le développement des systèmes médiatiques et à la structure de la façade sud principale donnant sur la rue du Colonel Bourg. Avec une superficie d’environ 10.000 m2, les maîtres d’ouvrage le décrivent comme un écosystème médiatique multifonctionnel et comme le précurseur de ce que sera le Mediapark Brussels, un pôle médiatique qui abritera notamment les nouveaux bâtiments de la VRT et de la RTBF, actuellement en construction. Mais la Région bruxelloise souhaite développer d’ici 2040 un tout nouveau quartier constitué de logements, de nouvelles entreprises dans le secteur des médias et de la communication, d’équipements de proximité (commerces, école, crèche) et d’un parc de 8 ha. Texte : Jos Segaert Photos : InfoSteel Dessins : CSM Steelstructures 1
13 InfoSteel #83 — 2025/10-11-12 de 77 mm de hauteur (Cofraplus® 77) recouverte de béton pour une épaisseur totale de 16 cm. Elles reposent sur des poutres de planchers (poutres alvéolaires ACB®) qui sont reliées à la couche de béton à l’aide de goujons. Ces poutres reposent sur 9 colonnes en béton en forme de T situées du côté nord, au moyen d’une poutre en acier périphérique et de pièces de raccordement spéciales. Du côté sud, les dalles de plancher sont reliées à l’exosquelette par des pièces de raccordement cylindriques et par des tirants et barres de compression diagonales. Les étages impairs s’appuient directement sur l’exosquelette, tandis que les étages pairs sont suspendus à l’étage supérieur à l’aide de tirants. Un treillis métallique est prévu au niveau du dernier étage pour reprendre les efforts. L’exosquelette se compose quant à lui de 4 rangées de 10 cadres en acier constitués de profilés tubulaires et repose, depuis le niveau de la rue jusqu’aux fondations, sur 5 colonnes massives coniques. Architecture de qualité « C’est agréable de pouvoir collaborer avec un maître d’ouvrage ambitieux et passionné par l’architecture haut de gamme », ajoute Kenny Verbeeck, ingénieur-architecte au bureau d’études Bollinger+Grohmann. « Notre objectif avec Frame était le suivant : comment mettre en valeur l’architecture à partir de la structure, en combinant l’ingénierie des façades et l’ingénierie structurelle. En soi, cela semble étonnamment simple. Dans ce projet, les détails étaient essentiels. Comme indiqué plus haut, la façade sud est constituée d’une grande ossature métallique entre laquelle sont suspendues des dalles de plancher aussi légères 1 Vue depuis l’avenue Reyers, avec la tour de la RTBF. 2 Vue sur la façade est et la façade sud 3 La structure visible à travers le pare-soleil 4 Détail du pare-soleil PROJET 2 4 3
que possible. Les dalles sont supportées par des poutres alvéolaires IPE qui sont fixées, d’une part, à des poteaux en béton en forme de T côté nord. D’autre part, les différents modules de l’ossature métallique distribuent les efforts dans la façade sud. Les barres de compression et de traction se rejoignent dans un cadre de compartiments carrés et transmettent les efforts. Elles contribuent à la légèreté de la façade. Défi Frame a également été un véritable défi pour le constructeur métallique CSM. « À partir des plans d’appel d’offres et des calculs détaillés de Bollinger+Grohmann, nous avons construit un modèle de production en 3D », explique Brecht Eben, engineering manager. « Le modèle contient tous les éléments de construction tels qu’ils sont livrés sur le chantier, y compris les raccords de montage temporaires, la surlongueur pour compenser le retrait de soudage et les tolérances de construction, ainsi que tous les travaux de préparation au soudage. Pour les raccords de montage temporaires, le constructeur métallique a élaboré son propre modèle de calcul 3D dans lequel chaque étape de montage a été vérifiée séparément et les enveloppes des efforts de connexion des joints de montage ont été rassemblées. Comme tous les tubes utilisés dans le cadre de ce projet sont constitués de quatre tôles assemblées par de longues soudures, une attention particulière a également été accordée à la qualité Z et à la séquence appropriée de soudage. Le montage lui-même s’est avéré difficile. « Comme les étages sont reliés les uns aux autres et que la façade sud n’est stable qu’une fois entièrement terminée, les planchers ont été temporairement soutenus et étayés jusqu’à ce que la façade sud fût érigée. Lors de la construction de la façade sud, il a été décidé de souder autant que possible en atelier les nœuds auxquels se raccordent les barres de traction et de compression », ajoute Brecht Eben. « Les poutres de la façade sud ont ensuite été assemblées à l’aide de boulons temporaires et entièrement soudées sur le chantier, le joint de soudure se trouvant juste à l’extérieur du nœud. Une fois toutes les soudures réalisées sur le chantier, les structures auxiliaires temporaires ont été systématiquement retirées. » « Au total, environ 1000 tonnes d’acier ont été utilisées, principalement sous forme de tôles », conclut Brecht Eben. « Les tubes reconstitués ont été soudés à 7 6 X4 55 PRS350x30 PRS350x10 14 PRS350x40 350 PRS350x40x10 PRS350x10 14 14 14 14 14 14 30 14 30 40 10 40 360 30 313 313 55 70 70 5
15 InfoSteel #83 — 2025/10-11-12 l’arc submergé. Logiquement, une grande partie du soudage a été effectuée sur le chantier (7000 heures en atelier contre 5200 heures sur le chantier). » Un écosystème médiatique multifonctionnel Les étages supérieurs sont réservés à la chaîne de télévision régionale BX1, à Screen Brussels, à l’IHECS Academy et au Centre Vidéo Bruxelles. Un concessionnaire devra exploiter le rez-de-chaussée et le premier étage avec un programme entièrement ou partiellement accessible au public, mais comprenant également un centre de services et d’entreprises orienté vers les médias et les plateformes audiovisuelles. Les autres étages seront loués. Gilles Delforge, directeur de la Société d’Aménagement Urbain, se réjouit du résultat et conclut : « Il s’agit d’un grand pas en avant vers la réalisation de deux missions principales de la SAU. D’une part, Frame est un maillon important du Mediapark Brussels, dont nous assurons la coordination opérationnelle du développement urbain, et d’autre part, Frame fait partie d’une série d’équipements régionaux que la MSI souhaite réaliser dans les prochaines années. » Avec ‘Frame’, la Région bruxelloise s’enrichit d’un nouveau monument remarquable. Il entre en dialogue de manière subtile avec son environnement et est prêt à s’adapter aux évolutions futures du monde médiatique. Localisation : Boulevard Reyers/Rue Colonel Bourg, Schaerbeek Maître d’ouvrage : Société d’Aménagement Urbain de la Région de Bruxelles-Capitale (sau-msi.brussels) Architecte : Baukunst+Bruther Bureaux d’études stabilité :Bollinger+Grohman Entrepreneur général : TV BAM Interbuild Groven+ Constructeur métallique : CSM Steelstructures, Partenaires de construction membre d’InfoSteel : ArcelorMittal, CSM Steelstructures, Bollinger+Grohmann 5 Détail de la connexion entre le cadre en acier et les tirants et barres de compression diagonaux. 6 Visite du chantier avec InfoSteel en septembre 2024 7 Étaiement temporaire des dalles mixte acierbéton et les poutres alvéolaires. 8 9 10 11 Détails du cadre en acier sur la façade sud. 11 10 9 8
‘Kunsthal’ BRUSK. L’acier comme porteur d’espace et de lumière bâtiments environnants, les axes visuels existants et la ligne d’horizon historique. Ney & Partners était responsable de la conception de la structure porteuse de l’ensemble du projet, dont la structure métallique des deux espaces d’exposition et le toit suspendu de la Scala Grande. La conception détaillée et le design des nœuds acier ont été élaborés dans le cadre de cette mission de design and build par l’entreprise de construction métallique (De Wandeler). Dès le départ, le choix s’est résolument porté sur des espaces d’exposition bénéficiant de la lumière naturelle. Leur forme respective et les deux grandes lucarnes ne sont pas seulement une référence à la typologie historique de l’atelier d’artiste, elles visent également à transmettre une qualité qui rappelle l’espace dans lequel l’œuvre d’art a été créée et découverte pour la première fois. En 2019, la ville de Bruges lance un appel d’offres pour la conception et la réalisation d’un nouveau site de musée et d’art à Bruges, à côté du musée Groeninge existant. Le lauréat est le projet de l’équipe dirigée par Robbrecht & Daem Architecten et Olivier Saelens Architecten, avec CIT Blaton comme entrepreneur général. Le musée abrite deux salles d’exposition au premier étage et séparées l’une de l’autre par un espace libre sur toute la hauteur (Scala Grande), ce qui offre ainsi un rez-de-chaussée ouvert, transparent et librement accessible. Les salles d’exposition sont spacieuses (40x40 m et 40x20 m) et ont une hauteur libre atteignant 13,75 m afin de pouvoir accueillir des expositions internationales itinérantes d’œuvres classiques et contemporaines. Cependant, la hauteur du faîtage est limitée par respect pour les Auteurs: Jeroen Vander Beken - Antoine Broux (Ney & Partners) Photos: © Antoine Broux, © Femke den Hollander (BRUSK Musea Brugge) Dessins: Ney & Partners Localisation : Garenmarkt 8, Brugge Maître d’ouvrage : Stad Brugge Architecte : TV Robbrecht et Daem Architecten - Olivier Salens Architecten Bureaux d’études stabilité : Ney & Partners Entrepreneur général : CIT Blaton Constructeur métallique : De Wandeler Partenaires de construction membre d’InfoSteel : De Wandeler, Ney & Partners, SECO 1
17 InfoSteel #83 — 2025/10-11-12 PROJET La structure métallique de la toiture des deux salles d’exposition est constituée d’une série de portiques sans tirants horizontaux, permettant ainsi de créer un espace intérieur libre d’obstacle. En raison de la hauteur limitée du faîtage et du profil compact des portiques, les poussées sont importantes. Pour la grande salle d’exposition, ces efforts ne sont pas repris par flexion dans les poteaux périphériques, mais équilibrés par un anneau horizontal qui entoure la salle. Le toit des galeries constitue ici un élément essentiel de la structure porteuse principale. Les murs extérieurs restent ainsi élancés, tout en assurant la stabilité horizontale globale. Dans les salles, la structure primaire n’est visible qu’au niveau des lucarnes. La largeur des poutres en I fabriquées sur mesure s’harmonise avec les châssis. Leur âme est renforcée par une série de raidisseurs triangulaires, une référence subtile aux poutres triangulées des charpentes historiques. 1 Vue de la ‘Eekhoutpoort’ 2 Coupe transversale de la grande salle avec lumière du nord (voir côté droit) 3 Isométrie de la structure métallique 3 D E F G H 96 00 9600 9600 9600 11 50 4050 5600 5600 5600 5600 5250 5550 37 0 3910 720 H EB240 +20. 29 +20. 197 +13. 300 +14. 704 +16. 109 +17. 513 +18. 918 H EA300 HEA320 HEA320 HEA320 HEA320 HEA320 HEB500 HEA300 58 0 +11. 475 1588 1650 1650 1588 1588 H EA120 IPE 30 0 H EB300 50 00 H EA240 +11. 475 43 0 +10. 495 +10. 150 +10. 250 +10. 100 185 3175 3300 3175 H EA360 HEA360 SH S 360x16 H EA360 33 40 H EM280 HEM280 H EA240 HEB240 H E A 240 +10. 410 50 0 250 86 1 250 500 +10. 250 1600 H E A 120 H E A 14 0 H E A 120 H E A 14 0 H E A 120 H E A 14 0 H E A 100 H E A 12 0 H E A 100 H E A 12 0 H E A 100 H E A 12 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 100 H E A 10 0 H E A 120 H E A 10 0 H E A 120 H E A 10 0 H E A 120 H E A 10 0 H E A 140 H E A 12 0 H E A 140 H E A 12 0 H E A 140 15 0 H E A 340 15 0 H E A 340 Va kwerk te verlagen met 23cm om ruimte voor goot te voorzien +12. 284 1443 1443 1443 60 .68° 60 .68° 58 0 1300 300 H E A 240 D E F G H 96 00 9600 9600 9600 +20. 29 +20. 197 3175 3300 3175 185 +13. 262 +14. 667 +17. 476 +18. 880 H EB800 HEB800 HEB800 HEB800 HEB800 HEB800 HEA360 HEA360 HEA360 SH S 360x16 H EA300 HEA240 HEA240 +11. 475 +11. 475 1588 1588 1650 1650 1588 +16. 071 H EB300 +10. 250 +10. 150 +10. 180 +10. 250 25 0 500 50 0 250 861 58 0 15 0 H E A 240 H EB240 IPE 30 0 H EB300 50 00 37 0 3910 720 +10. 495 H EA240 HEA300 HEA180 1300 300 +12. 284 38 50 33 64 15 0 58 0 IPE 30 0 +10. 495 52 00 5600 5600 5600 5600 5250 5550 NI V +1 +4.50 NI V +2 +8.28 NI V +3 +11.88 V +1_1/2 +6.48 V +2_1/2 +9.90 2
Les deux salles sont structurellement indépendantes et le toit suspendu entre les deux a posé un défi. Le toit est segmenté de façon limitée, mais il était souhaitable de tirer parti de l’effort de traction créé par la forme choisie, afin de réduire la flexion globale des éléments. Les structures porteuses principales de la grande et de la petite salle, entre lesquelles cette ‘chaîne’ est suspendue, peuvent toutefois se déplacer indépendamment l’une de l’autre sous l’effet des charges de vent variables. Un appui de glissement le long de l’un des deux côtés n’est toutefois pas envisageable, car cela ferait disparaître ‘l’effet de chaînette’ et la structure porterait purement en flexion d’une salle à l’autre. L’introduction d’une rotule supplémentaire entre le deuxième et le troisième segment permet toutefois à la structure de se replier ou de se déplier en fonction du rapprochement ou de l’éloignement relatif de la grande et la petite salle. BRUSK est réalisé sur le site Garenmarkt, adjacent au musée Groeninge, dans le centre historique de Bruges. Étant donné l’accès logistique limité, tant en raison du contexte urbain étroit que de l’accès restrictif au chantier, la structure en acier a été dimensionnée en segments d’une longueur maximale de 13 m. Pendant le montage, l’ensemble de la charpente a été temporairement étayé jusqu’à l’achèvement de la poutre annulaire, qui équilibre les forces horizontales. 4 Photo du chantier de la galerie 5 Vue du chantier avec l’église Notre-Dame et la cathédrale Saint-Sauveur en arrière-plan 4 5
RkJQdWJsaXNoZXIy MzE2MDY=