Poutres alvéolaires : plus de résistance à poids égal La production automatisée de poutres à âme évidée Les plus anciennes poutres alvéolaires connues ont été conçues et fabriquées au début des années 1930 par les usines Skoda à Pilsen. Il s’agissait de poutres de toiture d’une portée libre de 12 m dans un hall d’usine à Doudlevec (République tchèque).2 De la ‘Boyd-beam’ à la poutre Litzka L’origine de la poutre alvéolaire est également attribuée à l’ingénieur britannique Geoffrey Murray Boyd, qui en imagina le concept en 1935 alors qu’il travaillait en Argentine. Il cherchait un moyen de rigidifier les poutres d’un palan monorail sans augmenter la largeur des ailes. En 1939, il obtint le brevet britannique pour cette ‘poutre Boyd’. Hubert et Franz Litzka, les forces motrices de Litzka Stahlbau, ont ensuite transformé ce produit de niche en un standard industriel. Hubert Litzka est largement reconnu pour avoir développé la première ligne de production entièrement automatisée. Sa méthode connut un tel succès qu’en Europe continentale, le terme ‘poutre Litzka’ est longtemps resté synonyme de poutre alvéolaire. Hubert Litzka écrit : « À l’heure actuelle, une entreprise allemande a mis au point des appareils automatiques qui, selon un programme défini, effectuent sans interruption des coupes en zigzag à l’aide d’un chalumeau dans des poutres de tous profils, qu’il s’agisse de poutres normales, à ailes larges ou de type européen. Le dispositif de découpage se déplace sur trois poutrelles disposées parallèlement les unes à côté des autres sur le banc de travail... En 1960, notre magazine a publié un article rédigé par l’ingénieur Hubert Litzka intitulé ‘La production automatique de poutres à âme évidée de tous types et de toutes dimensions’ 1. Il y aborde l’introduction de la production industrielle de poutres alvéolaires, également appelées poutres à âme évidée. Si la production était auparavant manuelle et coûteuse, la société allemande Litzka Stahlbau a développé une ligne de production et des équipements permettant d’automatiser la fabrication des poutres alvéolaires. Ces poutres sont fabriquées à partir de profilés laminés à chaud standard, dont l’âme est coupée en deux selon un motif en zigzag. Les deux moitiés sont décalées d’un pas et soudées ensemble, ce qui permet d’obtenir une poutre plus haute offrant une meilleure rigidité à la flexion. Les tentatives pour créer des structures robustes, légères et économiques remontent à l’avant-guerre. Si l’on fabriquait déjà des poutres en acier à âme évidée à cette époque, leur coût de revient élevé limitait leur succès commercial. Hubert Litzka précise dans son article : « Les avantages manifestes des poutres à âme ajourée en termes de réduction du poids et des coûts ne pouvaient être évalués avec précision qu’après l’achèvement de la poutre. Les frais de main-d’œuvre et les frais accessoires ont tellement réduit les économies espérées que ces poutres, qui avaient suscité beaucoup d’espoirs lors de leur apparition sur le marché vers 1930, n’ont pas pu s’imposer comme des éléments courants de la construction métallique. » Texte : InfoSteel 1 Schéma de production des poutres alvéolaires 2 Schéma des différents modèles de découpe pour les poutres alvéolaires 3 Tableau comparatif des propriétés des poutres alvéolaires et des poutres à âme pleine. 1 3 2
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