L’acier comme instrument paysager Point de vue à Vresse-sur-Semois construction n’encadre pas la vue de manière ostentatoire, mais renforce l’expérience visuelle. La transition entre intimité et ouverture est soigneusement mise en scène et s’appuie sur un seul geste géométrique clair : un escalier elliptique continu qui semble se fondre dans le terrain. Le langage formel reste sobre, laissant le paysage occuper le devant de la scène. Cette ambition architecturale exigeait une structure métallique d’une grande précision. La partie supérieure se compose de deux poutres principales en forme de tubes inclinés. La poutre extérieure suit une géométrie elliptique ; la poutre intérieure combine des parties semi-elliptiques et semi-circulaires. Les deux anneaux s’inclinent d’environ 12° par rapport à l’axe vertical. Cette inclinaison confère au belvédère son caractère tridimensionnel et constitue en même temps la base du principe de portance. Les poutres principales ont été conçues avec une inertie variable. Là où les efforts l’exigent, la section augmente ; lorsque la charge est plus faible, des économies de matériaux ont pu être réalisées. La poutre en caisson extérieure atteint une hauteur maximale de 1540 mm, la poutre Le point de vue ‘Le Jambon’ à Vresse-surSemois démontre comment une infrastructure publique de petite envergure peut revêtir une forte signification tant sur le plan spatial que technique. À un endroit où la Semois serpente à travers le paysage ardennais en formant un méandre emblématique, plutôt qu’une tour d’observation classique, c’est une structure en acier raffinée qui s’intègre à la topographie qui a été construite. Le projet prouve que l’acier n’est pas seulement un matériau de construction, mais aussi un moyen d’organiser avec soin le paysage, le mouvement et l’expérience. Le cahier des charges initial prévoyait une tour verticale s’élevant au-dessus des cimes des arbres. L’équipe de conception a toutefois opté pour une autre interprétation : ‘un déversement horizontal au-dessus de la vallée’. Au lieu de chercher la hauteur, le visiteur descend par un escalier elliptique en acier. La structure ne devient ainsi pas un objet dominant, mais une séquence spatiale qui se dévoile progressivement. Vu de la route, cet aménagement reste délibérément discret ; ce n’est qu’en descendant que le panorama sur la vallée de la Semois se révèle. Sur le plan architectural, la force du projet réside dans cette sobriété. La Auteurs : An Schoenmaekers & Batoma Sosso Photos : SBE/ Jan De Wilde Dessins : SBE 2 1
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